BERLIN 2009

Berlin 2009Et bien voilà, c’est fait : je viens de passer le cap symbolique de mon vingtième marathon. C’est Berlin qui a été le théâtre de mon « exploit ». Mais ce fut loin, très loin d’être le plus facile, même s’il s’agit d’un parcours plat et roulant.

Je n’avais pas fait trop de pub quant à ma participation à ce marathon, car je n’ai décidé que très tard d’y aller. En effet, j’ai vraiment hésité, mon genou droit ayant eu la mauvaise idée de ne me laisser aucun répit, suite à une petite entorse, souvenir de randonnées estivales dans les Gorges de Samaria,  en Crète, suivie d’une ténosynovite qui m’ont empêché de m’entraîner depuis le début du mois d’août.
Les dernières semaines, ce n’est donc pas sur les chemins que je les ai passées, mais dans le cabinet de mon médecin et dans celui d’un ostéopathe. Le but consistait à rendre mon genou à peu près opérationnel pour le jour « J », mais il était bien évident qu’au niveau entraînement, je devais faire l’impasse et me contenter des une ou deux séances hebdos de juillet et du tout début août. C’est bien évidemment tout à fait insuffisant...
Certains de mes camarades coureurs, membres de ma famille ou de mon entourage professionnel ont bien tenté de me dissuader en me disant que ce n’était pas raisonnable : je dois bien convenir qu’ils avaient entièrement raison.

Deux ou trois jours avant le départ, la douleur était calmée, mais je ressentais une instabilité totale de l’articulation. Ce qui m’inquiétait , car si on peut toujours supporter la douleur jusqu’à un certain point, il est évident qu’un éventuel blocage  d’une articulation serait absolument sans appel sur une telle distance. Donc j’étais vraiment « profil bas » sur ce coup-là !

StartUn petit souci et donc du stress en moins :  des amis belges de « Courir Le Monde » , Moïra et Patrice, avaient récupéré mon dossard pour moi le matin en raison de mon arrivée tardive, ce qui n’était pas le cas pour Brinouille de « Courir au Féminin » qui a dû prendre un taxi de toute urgence pour récupérer à l’expo marathon son fameux sésame !..
Donc, après un voyage en train de Niort à Paris, puis un coup d’avion de deux heures, après une courte nuit dans un hôtel que j’avais eu du mal à trouver dans la ville, je me retrouvais ce dimanche 20 septembre parmi 40 000 « collègues » en short à attendre le coup de canon fatidique.

Je me demandais si mon genou « strappé » allait déclarer forfait dans 5, 10, 20, 30 ou 40 km. Je m’étais aussi promis d’être particulièrement prudent, de courir le plus en ligne possible, sans écart intempestif, en évitant les bousculades, notamment aux ravitaillements. Ce fut compliqué avec une telle foule, mais j’arrivais tout de même à conserver un maximum de lucidité et de concentration dans ce but.
Un public enthousiaste tout le long du parcours !Au départ, j’ai bien senti que le genou « grinçait » un peu, mais la douleur était limitée et supportable. Au bout de 2 ou 3 km, j’étais un peu plus rassuré et je pouvais même commencer à penser à autre chose qu’à ces quelques morceaux d’os ! Et c’est sûr qu’il y avait de belles choses à voir, cette ville riche de culture et bien aérée, chargée d’histoire, ces milliers de spectateurs enthousiastes, ces orchestres et danseuses omniprésents. En fait après 15 km j’avais presque oublié mes problèmes et j’appréciais vraiment pleinement ce marathon considéré à juste titre comme majeur, à l'instar de New-York, Londres ou Paris.

Tour de la télévisionLe parc immense de Tiergarten, le Kurfurstendamm, le Reischtag, l’Alexander Platz, la Tour de la télévision, la place Postdam, et bien sûr les portions du Mur chargé d’histoire encore fraîche...
Plus fraîche que mon état physique qui commença soudain à se dégrader vers le 25ème kilomètre, ce n’est heureusement pas le genou qui était en cause mais le manque d’entraînement, évidemment. Je m’étais cependant préparé à cette issue et je réussissais néanmoins à gérer les 17 km restants tant bien que mal, mais plutôt mal que bien !
Tout de même en arrivant près de 5 heures plus tard sous la porte de Brandebourg, c’était certes une grande joie qui m’envahissait, comme à chaque marathon, mais aussi un immense soulagement d’avoir terminé sans me blesser sérieusement. En fait mon genou avait tenu le coup  mais je finissais cependant... sur les rotules !Haile Gebreselassie

Je n’étais pas venu là comme le maître Haile Gebreselassie pour battre mon record et le temps m’importait en définitive bien peu. De toutes façons, ma forme physique du jour ne m’aurait en aucune façon permis d’accrocher le champion éthiopien ce jour-là. Je reconnais donc ici publiquement sa supériorité du jour, et ne lui conteste en aucune façon sa victoire. J’avais ma vingtième médaille en poche 20ème médaille en poche !et je trouvais celle-là tout à fait méritée.

J’ai pu cependant à nouveau constater la force du mental qui vient souvent au secours du physique en cas de problème. C’est difficile à croire ou à comprendre pour les non-initiés, mais il est bien évident qu’un marathon se court au moins autant avec la tête qu’avec les jambes.
FinishMais si je peux éviter lors de mon prochain défi d’avoir à assumer un tel choix, j’aimerais bien cependant que mes jambes soient un peu plus présentes lors d’un prochain marathon...

Car si je me suis posé cent fois la question dans les rues de Berlin « Mais qu’est-ce que tu fais là, c’est bien la dernière fois qu’on m’y prend », deux heures seulement plus tard je savais déjà qu’il y aurait une « prochaine fois » !

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